Petit traité de bienséance dans la rue.

Alors voilà, ces derniers jours, comme tous les ans au début des beaux jours (oh, ça va hein, si j'ai envie de dire que c'est le début des beaux jours, je le dis, na !!), et durant toute la durée de ceux là, presque chaque jour, je suis en...quiquinée par des types qui trouvent normal d'aborder tout ce qui bouge et porte jupons au gré de leurs déambulations citadines.
Et j'en ai marre, c'est fou ce que j'en ai mare.
Non, ce n'est pas de ma faute: je ne m'habille pas de façon provocante, je ne fixe pas le gens que je croise. Simplement, je me mets sur le dos des choses qui me plaisent, afin de ne pas partir en courant quand je me croise dans un miroir, et je ne marche pas d'un air renfrogné, à toute allure, en regardant par terre, mais de façon plutôt détendue, le nez en l'air.
En tous cas, je dois avoir l'air vachement sympa, parce qu'il se passe rarement un jour sans qu'un imbécile ne me fasse une réflexion:
-Il y ceux qui attendent qu'on soit en train de les croiser pour vous glisser une phrase: ça va de "très jolie" à "beaux yeux ", en passant parfois par un charmant "t'es bonne". Ceux là ne cherchent pas à instaurer un dialogue, mais juste à , je sais pas moi, montrer qu'ils ont des c..., qu'ils sont bien macho et se croient au supermarché.
-Il y a ceux qui abordent: ces gens qui croient avoir le droit de faire perdre du temps à une parfaite inconnue, en lui déblatérant des phrases stéréotypées et malhabiles dont les dernières sont sempiternellement "je vous (ou pire, je t'...) invite à boire un verre ?" ou "vous (ou pire, "tu") avez un numéro de téléphone ?".
Ca m'agace, c'est fou: "non merci, je n'ai pas besoin d'amis: j'en ai déjà tellement que j'arrive pas à les voir quand je voudrais, alors toi, éspèce de rustre de bas étage, non, je ne vais pas te filer mon numéro."; je devrais leur répondre ça, je devrais, je devrais, je devrais.
Mais non, ça me gêne, alors je m'éloigne, et je dis "je suis pressée", "c'est gentil mais j'ai pas le temps". Et hier j'ai eu le malheur, alors que le type commençait à vouloir me dire "tout ce pourquoi il me trouvait super", je lui ai gentiment dit "non, c'est pas la peine", sur quoi je me suis fait rétorquer sur un ton sec que j'étais une impolie qui ne lui laissait pas finir sa phrase, et "c'est pas grave, j'ai l'habitude" d'un air agressif, puis il se retournait toutes les trois secondes pour me lancer des regards haineux. En plus, il est entré dans la boulangerie en bas de chez moi, où je comptais acheter mon pain du soir: j'ai pas osé le suivre, et j'ai pas eu de pain, snif.
Et encore ce matin, avant 8h30 (vous vous rendez compte ?), déjà un peu de mauvais poil, après mon heure de métro du matin, parce que dans le XVI ème, les gens ne sont pas polis, et ne disent jamais merci quand on leur tient la porte de sortie du métro (pour eux c'est normal); je m'arrête à la boulangerie (allez, quand même, excellente boulangerie "A la petite marquise", place Victor Hugo ;), je prends une brioche beurre sucre (on ne se refuse rien ;), que je pensais déguster en marchant tranquillement jusqu'au bureau, histoire de se remettre de bon poil pour la journée.
Ben non: des hommes, messieurs-tendance-embonpoint, hein, pas d'ignares gringalets me croisent, puis j'enteds vaguement des trucs que je m'oblige à ne pas écouter, filtre un "bon appétit" suivi de rires gras... beurk, plus faim.
Envie d'un brunch à la campagne, loin de toute cette civilisation dégénérée, égocentrique et sans gêne.
Oui, c'est malin, je suis énervée-soupe au-lait, et pas tout à fait sur le point de redescendre. Enfin, je vais déjeuner avec une super amie ce midi, puis je pense que M. Amoureux va m'emmener voir "Harry Potter", donc ça devrait aller mieux d'ici quelques heures....
Par mashenka, Jeudi 12 Juillet 2007 à 10:42 GMT+2 dans Critiques gratuites (article, RSS)






