Mashenka

Mon Nez part one: Pierre et moi

Pierre HerméAlors voilà, je suis une fanatique de Pierre Hermé, et figurez-vous que ce n'est pas nouveau, mais alors pas nouveau du tout, c'est que je suis un peu tombée dedans quand j'étais petite:

Mon pôpa, il est photographe, il photographie magnifiquement les choses du dehors: architecture, paysages, détails de vie, c'est un vrai bon, et je ne dis pas ça parce que je suis sa fille.

Jusque là, pas de rapport, mais vous allez voir que si, quand même: quand j'étais petite, enfin,suffisamment grande pour manger et apprécier les bonnes choses, et suffisamment petite pour que je n'aie pas de vrai souvenir de cette période, et ben mon papa était aussi photographe du catalogue Fauchon avec son pote Jean Claude.

Et, à ce moment là, qui était le jeune homme plein d'avenir qui faisait les gâteaux chez Fauchon ? Vous avez deviné, c'est l'un des êtres humains avec qui j'aimerais le plus passer quelques jours à discuter, cuisiner, goûter: monsieur Pierre Hermé.

Sachez, que quand on photographie un gâteau Fauchon pour le tatalogue, ben on ne le vend pas après, puis ce serait un peu bête de le jeter quand même, alors souvent, on le propose au photographe, qui accepte, ravi, et qui le rapporte chez lui, où il en a déjà rapporté un la veille (qui n'est pas terminé: la famille est en train de se former, y sont pas beaucoup) et l'avant veille (le gâteau commence à vieillir), et l'avant-avant-veille (il n'est presque plus bon, mais on n'a pas osé le jeter).

La légende dit que l'épouse du photographe (ma noble mère) a jeté plusieurs fois des gâteaux Hermé à la poubelle; la légende dit aussi que parfois, le photographe outré allait les y rechercher (mais oui, il allait rechercher la boîte pleine, hein, on n'est pas des sauvages).

La même légende dit que leur bébé fille ayant mangé beaucoup de ces merveilles aura tout au long de sa vie des pulsions l'obligeant à se ruiner  régulièrement afin de déguster avec délectation n'importe la quelle des créations du puissant magicien, qui est pour elle comme un dieu vivant. De plus, le noble père de l'enfant étant un très bon cuisinier, la jeune fille acquit un goût et une sensibilité olfactive dont son entourage (sa famille et ses amis) s'émerveille encore, et qui lui sert à apprécier plus encore lorsqu'elle a l'occasion de manger quelque chose de bon.

 Et vous, vous avez une histoire de goût ?

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